Semaine québécoise des personnes ayant subi un traumatisme crânien
Du 16 au 22 mai 2010
C’est sous le thème « Le TCC, une blessure à la tête et à l’entourage », que se tient la 8e Semaine québécoise, du 16 au 22 mai prochain. Si le premier objectif de la Semaine demeure de sensibiliser la population au traumatisme crânien et ses conséquences. On veut aussi profiter de ce moment pour avoir une pensée pour les proches des personnes vivant avec les séquelles d’un TCC.
Bien que le terme « traumatisme crânien » soit mentionné de plus en plus souvent pour décrire notamment l’état des accidentés de route, ses séquelles demeurent peu connues de la population en général.
Le tissu social fragilisé
Une personne qui subit un traumatisme crânien voit sa vie basculée, chamboulée. La personne doit réapprendre à composer au quotidien, à faire le deuil de certains de ses acquis. Elle voit de même son tissu social se désagréger, un aspect souvent oublié.
Le porte-parole de la Semaine québécoise, Guy Latraverse, est bien placé pour en parler, lui qui a vu l’une des ses filles, alors âgée de 17 ans, subir un traumatisme crânien sévère à la suite d’un accident d’auto, en 2007.
« C’est une situation qui est très difficile à vivre pour la personne qui le subit, mais aussi pour la famille qui doit l’aider afin de retrouver le plus possible son autonomie. Dans le cas de ma fille, elle a été dans un coma pendant trois mois. Au début, on n’avait aucune idée quelles seraient les séquelles. Ce fut une épreuve atroce à passer. Même si nous sommes soulagés aujourd’hui, nous nous devons de l’accompagner pour qu’elle apprenne, et que nous apprenions, à composer avec sa nouvelle réalité », de confier M. Latraverse.
Par sa part, la présidente du Regroupement des associations de personnes traumatisées craniocérébrales du Québec, Nicole Tremblay, renchérit. « La personne qui subit un traumatisme crânien, ça touche tout l’entourage. Nous avons à cheminer nous aussi, comme proches, dans l’épreuve », d’expliquer celle qui est elle-même mère d’une enfant vivant avec les séquelles d’un TCC. D’où l’importance, ajoute-t-elle, de l’apport des associations régionales de TCC, « qui ont un rôle absolument essentiel à jouer pour les soutenir et les accompagner dans leur épreuve. »
Les causes
Les accidents de route demeurent la principale cause des traumatismes crâniens, mais non la seule. Les TCC surviennent aussi au travail, aux sports, lors d’une chute, lors d’une agression physique, etc. Peu importe la cause, ce qu’on retient, ce sont les séquelles souvent permanentes et irréversibles. Une blessure au cerveau peut en effet entraîner de graves conséquences sur les plans physique, cognitif, affectif et comportemental : perte de mémoire, fatigabilité, impulsivité, difficultés d’attention, de concentration, etc.
Le volet préventif
On compte plus de 100 000 personnes vivant avec les séquelles d’un TCC au Québec et, chaque année 3 000 à 5 000 personnes viennent gonfler ce chiffre. Fait troublant : ce sont les jeunes de moins de 35 ans qui sont particulièrement touchés. Ainsi, sous l’initiative des associations régionales de personnes vivant avec les séquelles d’unTCC, de nombreuses activités sont mises sur pied dans les écoles du Québec pour sensibiliser les jeunes aux dangers encourus lorsqu’on adopte un comportement à risque. En plus de les informer sur le TCC, des témoignages de personnes ayant subi un traumatisme crânien viennent rappeler aux jeunes que « ça n’arrive pas qu’aux autres ».
Le RAPTCCQ regroupe 13 associations régionales qui couvrent l’ensemble du Québec à l’exception du Nord-du-Québec. Celles-ci ont un protocole d’entente avec la Société d’assurance automobile du Québec afin d’offrir des services aux personnes accidentées de la route ayant subi un traumatisme craniocérébral modéré ou grave et à leurs proches. Ces associations ont été désignées par leur Agence régionale de la santé et des services sociaux comme étant les plus habilitées dans les mesures de soutien et d’intégration sociale à accompagner les victimes d’un traumatisme crânien. De plus, elles font partie intégrante du réseau de continuum de soins et de services intégrés en traumatologie dont s’est doté le ministère de la Santé et des Services sociaux.
